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Depuis les années 1970, la violence qui perdure en Colombie, en relation avec un conflit armé, a un caractère exceptionnel par l’ampleur et la nature des violences.
Il s’agit d’atteintes graves aux droits humains dans toutes leurs dimensions : déplacements forcés de populations, massacres, assassinats, tortures, disparitions, enlèvements, séquestrations, violences sexuelles, mineurs enrôlés dans des groupes armés, utilisation de mines antipersonnelles, exécutions extrajudiciaires et détentions arbitraires.
Tous les acteurs du conflit armé, les forces de sécurité (police et armée) et les forces illégales (paramilitaires et guérillas), sont impliqués dans ces violations.
Les victimes sont essentiellement des civils qui se chiffrent, depuis le début du conflit par millions pour les personnes déplacées et par plusieurs centaines de milliers pour les tués et disparus.
Un des enjeux majeurs de ce conflit est le contrôle de territoires et l’accès à des ressources économiques au détriment des droits légitimes des populations. Inévitablement, comme lors de tout conflit, les victimes sont les êtres les plus vulnérables : les enfants et les femmes, les petits paysans et des minorités, les populations afrocolombiennes ou amérindiennes. Les personnes également visées sont des syndicalistes, les membres d’associations qui militent pour le respect des droits humains et les leaders de formations politiques attachées à une justice sociale.
De plus, le conflit favorise les violences sexuelles à l’égard des femmes. Enfin, il y a une criminalité importante sans rapport direct avec le conflit mais en partie liée aux trafics illicites d’armes et de drogues.
L’inefficacité de la justice et l’insuffisance de ses moyens pour instruire les violations des droits humains font que les auteurs d’exactions bénéficient d’une presque totale impunité.
Comment un pays dont la constitution affirme que « Le droit à la vie est inviolable » a-t-il pu se laisser envahir par un climat de violence telle qu’une vie ne compte plus ?
Sans pouvoir faire un bilan précis des actes de violence, on peut affirmer que les dictatures dans les autres pays d’Amérique latine ont produit comparativement beaucoup moins de violence.
Cette situation particulière de la Colombie est reliée par les historiens à la faiblesse chronique de l’Etat incapable de jouer un rôle d’arbitre et sa trop grande soumission aux Etats-Unis dont il est devenu le principal allié dans la région et aussi le principal bénéficiaire de l’aide militaire.
© Ritimo, Cdatm Marseille, 2008
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